Vous connaissiez Euzhan Palcy ?
- Je ne l'avais
jamais rencontrée mais je connaissais son travail. J'avais vu son film "Rue Case
nègre" quand il est sorti en 1983. Déjà, à l'époque, j'avais adoré. Lorsqu'elle
m'a contacté pour ce rôle, j'ai été très flatté. C'est une grande
réalisatrice, mais aussi une femme souriante, chaleureuse, pleine d'humour, qui travaille
réellement avec les acteurs et chose très rare pour la télévision, une semaine avant le début de
tournage, nous avons pu répéter avec elle, comme dans un atelier de théâtre.
Qu'est-ce qui vous a le plus séduit dans ce personnage de Michel Blancpain ?
-
C'est un rôle très riche. Les méchants sont toujours intéressants à jouer car
ils permettent d'aller à fond dans le jeu. Blancpainc est un vilain, à la fois
raciste, méprisant, manipulateur... Il exploite les gens. C'est aussi
quelqu'un d'obsessionnel qui va toujours au bout de ses actes aussi bien en
amour qu'en affaires. On peut cependant lui trouver des circonstances
atténuantes par son passé, son amour blessé... Il y a chez lui ce côté
touchant qui rend le personnage encore plus
passionnant dans sa composition. Dans le second épisode, le rôle
bascule et on assiste à la chute du personnage. C'était très jouissif et je me suis vraiment
amusé dans la peau de ce Blancpain.
Vous connaissiez l'île de la
Réunion ?
- Non, pas du tout. Nous avons passé 9 semaines
là-bas et nous avons eu l'immense chance de tourner dans les plus beaux coins de
l'île. Les conditions de tournage n'étaient d'ailleurs pas toujours faciles car
certains endroits étaient difficiles d'accès et nous étions souvent amenés à
descendre dans des ravines. Par exemple, pour nous rendre à la petite chapelle
où avaient lieu les mariages, nous devions emprunter un petit chemin très
abrupt. Un soir, en fin de tournage à 22 heures, nous avons dû remonter sous une pluie battante.
Nous n'avions aucun éclairage et c'était particulièrement laborieux. Pour
transporter le matériel, l'équipe a aussi beaucoup souffert. Je pense
notamment à cette scène où Euzhan Palcy a fait défiler des femmes sur une sorte
de terrain lunaire. Elle s'est vraiment acharnée pour tourner ces images
magnifiques et faire profiter le téléspectateur de ce paysage exceptionnel
et de la proximité du volcan. Sur l'île, nous avons découvert des endroits
retirés dans la montagne que les réunionnais ne connaissaient même pas. Ce
tournage a été une très belle aventure et l'histoire est superbement filmée. Euzhan a su donner une
grande dimension à chaque personnage et apporter à cette fiction le poids d'une réalité
méconnue. Personnellement, je ne savais pas du tout comment s'était construite
l'île de la Réunion. Le sujet n'avait encore jamais été traité de cette manière dans un
téléfilm et j'espère que le public aura envie de le découvrir.
Les scènes de combat ont-elles demandé une grande préparation ?
-
Nous avons travaillé avec Michel Carliez, un cascadeur réputé. Avant de
partir à l'île de la Réunion, nous avions déjà commencé à répéter les scènes de
combat avec lui à Paris. A la Réunion, nous avons continué l'entraînement et dans le
jardin de l'hôtel, William Nadylam et moi, nous révisions régulièrement nos
passes d'armes.
Vous parlez de
ce tournage avec un réel enthousiasme et je suppose qu'il restera parmi vos
meilleurs souvenirs...
- Absolument ! Ce tournage a été formidable, malgré des journées parfois éprouvantes. On se levait à 4h du
matin et le soir, après le tournage, vers 22 heures, on n'avait qu'une idée, dormir... Nous
n'avions guère que nos samedis soirs pour sortir et nous divertir un peu. Mais
nous étions tous motivés par ce film et personne n'aurait osé se plaindre.
C'était un vrai bonheur de se lever tôt chaque matin.
On
vous voit régulièrement dans des téléfilms, mais aussi au Cinéma avec récemment le fameux "Da
Vinci Code". Etes-vous assez sélectif dans le choix de vos rôles ?
- Disons que je préfère la qualité à la quantité. J'aime les belles histoires et je
garde généralement de bons souvenirs de mes films. Je n'ai rien contre les séries mais je n'aimerais pas m'engager dans
un rôle récurrent sur plusieurs années. De même manière qu'au théâtre, je
n'aimerais pas jouer le même personnage plus de six mois. J'aime beaucoup en
revanche le format de ces séries bouclées en 6 épisodes comme "Les Mariées de
l'Isle Bourbon" et "Ondes de choc". On a le temps de s'imprégner du rôle
sans pour autant tomber dans la lassitude...
En attendant de nouveaux projets... Rendez-vous les 27 septembre et 4 octobre
sur France 3 !!!