Comme beaucoup d'acteurs,
Julien Boisselier a débuté au théâtre. Remarqué en 1996 dans la grande saga d'été
de France 2 "Dans
un grand vent de fleurs",
révélé ensuite dans le téléfilm "De gré ou de force"... En 2000, il décroche son
premier rôle au Cinéma dans "Nationale 7". Puis les tournages
s'enchaînent. Julien Boisselier fait partie de cette génération d'acteurs qui
montent.
Dans "Des Fleurs pour Algernon"
(Diffusé le 15 novembre 2006 sur France 2), il devient Charles Gaessler, un
jeune homme handicapé mental qui va servir de cobaye pour une expérience
scientifique et va peu à peu devenir intelligent, puis surdoué... Un vrai
travail de composition pour un rôle impressionnant et remarquablement
interprété.
Comment prépare t-on un
rôle comme celui-ci ?
- David Delrieux, le
réalisateur, m'a fait rencontrer un éducateur qui préparait une comédie musicale
avec un groupe d'handicapés. J'ai passé quelques jours avec eux dans
leur centre à Nanterre et je les ai naturellement regardé travailler.
Comment s'est passée cette
rencontre ?
- Ce sont des gens plus ou
moins tenus à l'écart et pour eux, j'étais un élément extérieur. Au début,
j'étais assez intimidé. On leur a expliqué que j'étais comédien, que je
préparais un film et l'éducateur leur a demandé s'ils étaient d'accord pour que
je reste quelques temps avec eux. Au bout d'une heure, ils m'avaient accepté.
Pour travailler mon personnage par la suite, je me suis beaucoup inspiré de
leurs faits et gestes. Pendant une semaine, je me suis enfermé tout seul dans une pièce et
je me suis filmé pendant des heures. Ensuite, je me regardais, je me critiquais,
je cherchais les solutions, la manière de me tenir, j'essayais d'être le plus
crédible possible.
Qu'est-ce qui était le plus
intéressant dans ce rôle ?
- L'évolution du personnage qui
passe par plusieurs stades allant de l'handicapé mental jusqu'au surdoué. C'est
très rare de jouer un rôle aussi riche en émotions. Ce rôle m'a d'ailleurs
apporté une grande liberté de jeu et m'a complètement débloqué dans la peur du
ridicule car dans ce genre de rôle, on peut tout se permettre.
Le rôle de Charles Gaessler risque de casser l'image du
romantique...
- Oui, et tant mieux ! Je n'ai pas envie d'être cantonné dans
un type de rôle. En France, on a tendance à coller des étiquettes. D'où
l'intérêt de diversifier. C'est un peu comme un musicien qui a joué du
saxo pendant dix ans et à qui l'on propose de jouer de la trompette. J'aime les
rôles qui permettent de toujours aller plus loin.
Peu importe si c'est à la télévision ou au Cinéma ?
- Le plus important, c'est le rôle. J'ai eu la chance
d'enchaîner pas mal de films au Cinéma mais c'est tout de même la télévision qui
m'a offert mes plus beaux rôles. A la télévision, audimat ou pas, on continue de
recevoir des propositions. Tandis qu'au Cinéma, rien n'est jamais acquis. Tant
qu'on est à l'affiche de films à succès, tout va bien mais si on fait deux ou
trois films qui ne marchent pas, on peut redescendre très vite. Pour le moment,
j'ai la chance de travailler beaucoup mais je suis conscient des risques du métier.
La comédie, est-ce un rêve de gosse ?
- Pas vraiment, non ! J'ai
commencé à prendre des cours de théâtre tout simplement pour apprendre à vaincre ma
timidité. J'y ai pris goût !
Aucune envie de revenir au
théâtre ?
- Oh, si !!! J'aimerais bien
mais j'attends le bon projet !
Pour le moment, rendez-vous à
la télévision le 15 novembre 2006 sur France 2 dans "Des fleurs
pour Algernon"... Un téléfilm à ne pas manquer !

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