Eric Elmosnino est un acteur au parcours
étonnant... Ancien élève du Conservatoire, pendant plus de vingt ans, il
joue au Théâtre et enchaîne
les classiques : Molière, Shakespeare et les autres... Plusieurs fois nominé
aux Molières, il reste malgré tout inconnu du grand public jusqu'en 2009. C'est le rôle de Gainsbourg qui lui vaut la consécration et le César du meilleur acteur.
Aujourd'hui, Eric Elmosnino vient nous parler d'un nouveau biopic pour
France 2 : Rabelais... Rien à voir avec Gainsbarre et pourtant, le comédien se glisse avec autant d'aisance dans la peau de cet écrivain du
Moyen-Age...
Avant de jouer Rabelais, que connaissiez-vous de
lui ?
- A vrai dire, pas grand chose. Comme
tout le monde, je savais qu'il écrivait, mais j'ai découvert qu'il avait
aussi été moine, puis
médecin et surtout qu'il aimait profondément la vie, les femmes... C'était un bon
vivant. Son parcours est intéressant car il a réussi plusieurs vies en une. Quand on m'a proposé le rôle,
j'étais cependant assez surpris car physiquement, je l'imaginais très gros,
à l'image de
Pantagruel et Gargantua.
Qu'est-ce qui vous a attiré dans cette aventure ?
- Le scénario et l'idée de développer le personnage
sur la durée. C'est très amusant à faire. Je démarre le personnage à l'âge de 25 ans
et je le joue
jusqu'à la cinquantaine. C'est ensuite Michel Aumont qui prend le relais.
Qu'est-ce qui vous a paru le plus difficile dans ce
rôle ?
- Le texte ! C'est un français de maintenant mais
mieux construit, une sorte d'équivalent du langage rabelaisien, difficile à
apprendre, mais beau à dire. A côté de cela, il y a eu aussi un vrai travail
d'acteur afin de lui donner de l'émotion, de l'humanité et ne pas se
contenter de déballer du texte.
C'est la première fois que vous travaillez avec
Hervé Baslé ?
- Oui, c'est une belle rencontre. Un monsieur
magnifique... Sur ce genre de tournage, quand on enchaîne les scènes dans le
désordre, on se sent parfois perdu entre les époques. Hervé
sait alors parfaitement guider les acteurs et les reconnecter.
Juste avant Rabelais, vous incarniez Gainsbourg...
Avez-vous trouvé un lien entre ces deux personnages ?
- Leur génie et leur grande liberté d'expression...
Est-ce que "Gainsbourg" a changé votre vie ?
- Oui ! C'est comme si tu gagnais au loto... Avec du
travail évidemment ! C'est le genre de chose à laquelle je ne m'attendais
absolument pas. Ma vie était au Théâtre. A côté, je faisais de temps en
temps des petites choses au Cinéma. Comme beaucoup de comédiens, je m'en
contentais. Je n'étais ni aigri ni frustré. Au contraire, j'ai toujours
estimé que c'était déjà une chance de pouvoir gagner ma vie en faisant ce
métier.
Comment vivez-vous ce succès ?
- Comme un enfant qui reçoit une récompense.
Aujourd'hui, ça me fait drôle quand on me reconnaît dans la rue. Chaque
fois, j'ai droit à un petit mot gentil et j'adore ça. Dans le métro, les
gens me regardent étonnés parce qu'ils ne s'attendent pas à me voir là. Et
pourtant, je ne vais pas changer mes habitudes...
Comment avez-vous préparé le rôle de Gainsbourg ?
- Il y a eu un travail énorme. J'ai surtout bossé le chant
et ça m'a beaucoup aidé pour entrer dans la peau du
personnage.
Vous écoutiez Gainsbourg auparavant ?
- Non, pas du tout ! Je connaissais vaguement le
Gainsbourg des années 80 mais j'ignorais tout ce
qu'il avait fait avant. A l'époque, j'écoutais plutôt Reggiani, Ferré...
J'ai donc vraiment découvert Gainsbourg avec le film.
On ne vous a jamais parlé de votre ressemblance
?
- Non. Moi-même, je ne m'en étais jamais rendu compte.
Jusqu'au jour où j'ai fait les premières séances photos. Là, j'ai été
très surpris devant le résultat.
Je vous vois fumer depuis tout à l'heure ce qui
nous vaut une interview en plein air... Vous fumiez déjà avant de jouer Gainsbourg ?
- J'ai beaucoup fumé entre 15 et
25 ans mais j'avais arrêté. Hélas, après le film, inconsciemment, quand je
rentrais chez moi, le geste me revenait et je sentais qu'il me manquait
quelque chose. Alors j'ai craqué... J'ai racheté un paquet de clopes... Et voilà le
résultat. Depuis deux ans, je refume... Trop !
Vous continuez le Théâtre ?
- Bien sûr ! Je ne peux pas me passer du Théâtre.
Je viens de jouer Feydeau pendant 8 mois à Marigny. C'était génial !
Et maintenant, quels sont vos projets ?
- Je suis en plein tournage et je repars tout à
l'heure en direction de Limoges où je joue un instit dans un film qui
s'appelle "La Guerre des boutons" de Yann Samuell avec Alain
Chabat et Mathilde Seigner.
Nous aurons donc sûrement l'occasion de reparler de
ce film, mais d'ici là... C'est sur France 2 que nous vous retrouverons pour
une longue soirée consacrée à la vie de
Rabelais... Le 8 juillet 2011 à partir de
20h35 !
Propos recueillis par MARYLINE
RICHER
Interview du 6 juin
2011 pour
www.citeartistes.com
(Reproduction interdite)
Eric Elmosnino dans le rôle de
Rabelais

dans "La très excellente et divertissante histoire de
Rabelais"
Le 8 juillet 2011 sur France 2

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