Qu'est-ce qui vous a donné envie
de devenir comédien ?
- A 19 ans, alors que je
préparais HEC, j'ai soudain été pris d'un doute. Je me sentais attiré
par des domaines plus artistiques. J'allais rarement au Cinéma mais cette année-là,
les 3 ou 4 films que j'ai vus ont suffi pour me motiver à faire ce métier.
J'ai donc décidé de prendre des cours. Je suis rentré au cours privé Raymond
Girard. Au bout de 3 mois de cours, j'étais convaincu d'avoir trouvé ma voie.
Ensuite, j'ai été reçu à l'école de la rue Blanche.
Est-ce que les cours de comédie
vous ont beaucoup apporté ?
- Oui, j'en avais absolument
besoin. Ca m'a permis de travailler des textes, de découvrir des auteurs et des
univers, de faire des rencontres... C'était une belle expérience et surtout un
grand
enrichissement culturel.
Comment avez-vous débuté ?
- Par le théâtre. Le premier rôle
marquant était dans "Troilus et Cressida" avec
Fabrice Lucchini, une pièce que nous avions jouée au théâtre Fontaine puis à Suresnes en
1979-1980. J'ai joué pour la première fois pour la télévision dans un
épisode de "Maigret" mais le premier rôle important était celui d'Hippolyte dans
"Phèdre".
Et Charlemagne ?
J'avais le rôle titre et c'était
réellement important pour moi. Une
formidable aventure ! Il y a eu ensuite "L'Affaire
Dreyfus" où j'incarnais le Colonel Picard. Ce n'était pas le rôle titre
mais le rôle
principal du film.
Vous êtes de nouveau sur TF1
dans "La Maison des enfants"... Etiez-vous heureux de retrouver
l'équipe d' "Une femme en blanc".
- Oui, c'était un vrai bonheur !
Dans la tête des gens, c'est une suite car on retrouve les mêmes personnages
mais je tiens à préciser que l'histoire est tirée d'un autre roman.
Vous sentez-vous proche de
votre personnage ?
- Oui, car la trajectoire de
Daniel est intéressante. La question principale est : Quelle est la place du
père et comment assumer cette responsabilité dans notre société.
Et si on vous proposait une
troisième histoire, seriez-vous prêt à recommencer l'aventure une nouvelle fois
?
- Ce n'est pas à l'ordre du jour
mais si on nous le proposait, pourquoi pas ? Pour retrouver les mêmes personnes et les mêmes personnages, ce
serait avec grand plaisir, à condition toutefois que leur évolution soit
intéressante !
Vous êtes habitué aux rôles de
médecin... Avez-vous une préférence pour ce type de rôle humanitaire ?
- Non, je prends également
beaucoup de plaisir à jouer les salauds. Je viens de tourner un épisode de
la série Action Justice : "Un mauvais médecin" pour France 3. Mes préférences ne
vont pas forcément au personnage mais davantage à son histoire. C'est
toujours plus intéressant de jouer des rôles éloignés de soi. Par exemple, dans
"Joséphine Ange gardien", je jouais un homosexuel, un rôle où l'on ne
m'attendait pas du tout. C'était une expérience formidable.
Y a t-il des rôles qu'on ne vous
a jamais proposés et que vous aimeriez interpréter ?
- On a l'habitude de me proposer
des rôles plutôt sérieux. A l'avenir, j'aimerais interpréter des rôles un peu
plus légers. Ce serait fantastique de jouer un travesti. Quel plaisir d'accéder
aux mystères féminins.
En revanche, y a t-il des rôles que vous
refuseriez ?
- Un pédophile. Je suis père de
famille et j'aurais certainement beaucoup de mal à
défendre ce type de rôle.
Quel conseil donneriez-vous à un
jeune qui veut devenir comédien ?
- Etre soi-même et défendre avant
tout sa personnalité.
Au cours de votre carrière,
avez-vous fait des rencontres importantes ?
- J'ai eu la chance de rencontrer
des actrices qui m'avaient fait rêver avant d'être comédien comme Julietta Massina
pour qui j'avais une immense admiration depuis que j'avais vu "La Strada".
Lorsqu'un jour, à Budapest, on me l'a présentée, c'était extraordinaire.
Et puis, comme tous les mômes de ma génération, j'étais fou de Véronique Jannot
à ses débuts. J'étais bien loin
d'imaginer qu'un jour, j'aurais l'occasion de jouer avec elle. J'ai fait ainsi
plein de rencontres fantastiques.
Y a t-il des gens avec qui
vous aimeriez travailler, comédiens, réalisateurs ?
J'adore Jean-Pierre Bacri et
Agnès Jaoui. Je trouve leur travail exceptionnel. Daniel Auteuil est aussi un
comédien que j'admire. Il passe avec tant d'aisance du plus comique au plus
tragique... Et si à l'étranger, il ne fallait en citer que deux, je citerais Kate Blanchet et Kevin
Spacey. Quant aux réalisateurs, la liste est si longue que tous les espoirs sont
permis.
Avez-vous une préférence entre le
théâtre et la télévision ?
Non. Les deux sont
complémentaires et tout aussi passionnants. C'est le même engagement mais
l'énergie est différente. Il faudrait d'ailleurs que dans la façon de travailler
comme dans le choix des distributions, il y ait plus d'apports mutuels. En tout
cas, ça fait un petit moment que je n'ai pas fait de théâtre et je suis
impatient d'y revenir.
A très
bientôt !