Je me souviens de ma toute
première rencontre avec Phil. C'était en 1987. "Un enfant de toi" venait tout
juste de sortir et commençait à passer en radio. D'une nature réservée, Phil,
jusqu'alors inconnu du grand public, ne se rendait pas encore très bien compte
que la chanson était en train de devenir un tube et qu'elle allait carrément le
propulser au sommet des hits. Quand je l'ai revu quelques semaines plus
tard, il était 3ème au Top 50 ! En quinze ans, il y a eu plein d'autres disques
: "Avec qui tu vis", "Le souvenir de toi", "Tour d'ivoire", "Tellement je pense
à toi", etc... Et puis, souvenez-vous, dans "Le Nombril du Monde", Phil a aussi
été comédien, le temps d'un petit rôle aux côtés de Michel Boujenah. Enchanté
par cette nouvelle expérience, ce passionné de musique n'a pas pour autant
délaissé sa guitare. Après de nombreuses tournées en province et plusieurs scène
parisiennes, il y a eu quelques silences et de longues périodes en studio. Mais,
ce qu'il faut savoir, c'est que Phil est avant tout un perfectionniste. Il y a quelques mois, alors qu'il préparait son nouvel album, voilà que
l'évènement se produit... M6, le Loft, Marlène, et voilà "Un enfant de toi" qui
rejaillit soudain du passé. Phil est de nouveau au Top et ça fait plaisir de
constater que s'il y a quelqu'un de fidèle dans ce métier, c'est lui ! En quinze
années parsemées de beaucoup de galas mais aussi de quelques galères, nous
sommes toujours restés en contact et il a toujours fait partie de nos petits
chouchous de MAXIFANS.
Il sera d'ailleurs à la Une de notre prochain numéro.
Quinze ans après, "Un enfant
de toi" figure de nouveau parmi les meilleures ventes de disques... Selon le
Billboard, c'est la première fois qu'un artiste français est classé dans le
tiercé de tête en quinze années d'intervalle avec la même chanson. Que penses-tu
d'un tel phénomène ?
- D'une part, c'est inattendu. Ca
prouve aussi que lorsqu'une chanson est populaire, elle est capable de traverser
les générations. J'ai l'impression qu'elle cartonne encore davantage que
la première fois. La sincérité et le charme de Marlène y contribuent.
Lorsque tu as composé
cette chanson, il y a 15 ans, comment l'idée est-elle venue ?
- Je suis plutôt d'une nature
optimiste mais ce jour-là, j'étais triste. Je ne me suis pas inspiré d'une
histoire vécue comme on pourrait le supposer. C'est une histoire complètement
inventée. Je l'ai écrite en dix minutes, en étant loin d'imaginer que ces dix
minutes là allaient changer ma vie.
Comment s'est passée cette
fameuse rencontre avec Marlène ?
- "Loft Story" n'est pas le genre
d'émission que je regarde mais d'un seul coup, j'ai commencé à recevoir plein de
messages. Mon ami Charly Nestor, présentateur du Hit-Machine sur M6, m'a
également téléphoné. Bref, tout le monde me parlait de Marlène. M6 et mon agent
se sont alors mis en relation et ont convenu d'une rencontre. Je me suis tout de
suite rendu compte que Marlène était une fille simple, sincère et assez proche
de ma personnalité. C'est la raison pour laquelle j'ai accepté de faire ce duo.
Je pense vraiment qu'elle a des prédispositions pour faire le métier de
chanteuse. D'autre part, elle est toujours à l'heure, elle bosse bien et elle a
toujours le sourire. C'est donc plutôt agréable.
Que penses-tu de la
télé-réalité et de toutes ces émissions genre "Loft" ?
- Je trouve un peu pervers
d'utiliser les rêves des mômes et de les transformer en rats de laboratoire. Ce n'est
pas mon truc et j'ai passé l'âge. Mais si j'avais 20 ans aujourd'hui, je verrais
peut-être ça différemment car il s'agit avant tout d'un phénomène d'époque.
Avais-tu déjà envisagé de
chanter en duo ?
- Il m'est arrivé une fois de
chanter en duo avec Ophélie Winter dans une émission d' M6. Nous avions
d'ailleurs interprété un extrait d' "Un enfant de toi". C'est un très bon
souvenir car Ophélie est magnifique et elle chante bien. Mais sinon, je n'avais
jamais enregistré de duo auparavant car je n'en ai pas eu l'occasion. Pourtant
j'aurais bien aimé faire un duo avec une chanteuse comme Maurane par exemple.
A part "Un enfant de toi" qui
est ton véritable porte-bonheur, as-tu dans ton répertoire des chansons que tu
affectionnes tout particulièrement ?
- Oui bien sûr, je pourrais citer
"Loin de tes bras", "Quand tu t'enfuis" et aussi une chanson qui est dédiée à
mon père "Tout c' que tu ne m'as pas dit". Ce sont des chansons que j'aime
beaucoup et qui n'ont pas forcément fonctionné comme j'aurais voulu. Mais peu
importe. Le plus important, c'est de les avoir écrites.
Tu es papa depuis peu. Est-ce
que ta vie a beaucoup changé ?
- Bien sûr ! Ca n'a plus rien à
voir. Connaître la paternité à 45 ans, c'est assez inhabituel. En tout cas,
c'est fabuleux. C'est comme un souffle nouveau, beaucoup d'émotions, une part de
responsabilité. Avant, lorsque je partais en tournée, je quittais la maison sans
regret. J'avais l'impression de n'avoir aucune attache. Maintenant, lorsque je
dois m'absenter quelques jours, c'est plutôt dur.
Pas mal de gens l'ignorent
mais tu as aussi joué au Cinéma, dans "Le Nombril du Monde" d'Ariel
Zeitoun, aux côtés de Michel Boujenah.
Comment s'est passée cette première expérience ?
- En fait, on ne m'a pas vu
beaucoup dans le film. J'ai pourtant tourné pendant 15 jours. Mais Ariel Zeitoun
disposait de plus de 5 heures de film et comme il ne voulait pas en faire un
"feuilleton", il a été obligé de supprimer pas mal de scènes, notamment tous les
petits rôles. C'était de toute manière une expérience intéressante pour moi. Il
s'agissait d'une saga qui se déroulait sur une quarantaine d'années, avec tout
le phénomène de maquillage et de vieillissement que ça impose. Ca m'a donc
permis de voir l'envers du décor, de retrouver Michel Boujenah que je
connaissais déjà, de rencontrer des gens comme Marie-José Nat, Roger Hanin,
Thomas Langmann,
Bruno Todeschini... Le tournage se déroulait en Tunisie, dans une super
ambiance. Ce film est vraiment un excellent souvenir.
As-tu reçu d'autres propositions par
la suite ?
- Oui, au moment où le film est
sorti. Malheureusement, je venais de commencer la promotion d'un nouveau disque. Ce n'était donc pas possible.
Aimerais-tu rejouer dans un
autre film ?
- Oui, j'aimerais énormément.
C'est un vrai travail d'équipe et je trouve ça passionnant.
Tu as toujours attaché
beaucoup d'importance à tes clips. Serais-tu aussi tenté par la réalisation ?
- C'est encore un autre métier.
Il faut une certaine connaissance de la caméra, de la lumière... Je préfèrerais
trouver l'idée, écrire l'histoire...
Qui a réalisé tes premiers
clips ?
Michaël Schock avait réalisé mes
deux premiers clips : "Un enfant de toi" en 1987 et "Avec qui tu vis" en 1988.
Celui d' "Il est parti" est l'un de mes préférés. Il avait été
réalisé par Jean-Denis Robert.
Je sais que la scène reste une
de tes priorités. Après la sortie de ton album, envisages-tu de faire une
tournée ou une nouvelle scène à Paris ?
- Oui, j'y tiens énormément.
D'ailleurs, je ne conçois pas ce métier sans la scène.
Je connais des fans très
fidèles qui suivent ta carrière depuis le début et je sais que tu as toujours eu
beaucoup de respect pour ton public. As-tu un message à transmettre à tous ces
gens ?
- Beaucoup de remerciements...
Merci pour autant de fidélité et merci d'avoir toujours été là, même quand
l'actualité était calme.
Phil, merci également à toi...
et rendez-vous très bientôt, à l'occasion de la sortie de ton nouvel album
"C'est promis" !
Propos recueillis par MARYLINE
RICHER
Interview du 30 juillet 2002 pour
www.citeartistes.com

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