Prix d'interprétation féminine au festival de
fiction de St-Tropez pour "Le
Silence de la mer", Julie Delarme
porte tout dans son regard... Elle est jeune, discrète, réservée... Elle joue avec une aisance
incroyable et avoue n'avoir jamais pris un seul cours. Alors, là... Bravo ! Une
vraie vocation et la preuve que le talent ne se fabrique pas.
Qu'est-ce qui t'a plu dans ce personnage de Jeanne
?
- C'est une nouvelle expérience de jeu.
Franchement, au début, j'avais peur que ce soit monolithique mais c'était une
erreur de ma part, car lorsqu'on ne parle pas, on a encore davantage de choses à
exprimer. On s'abandonne complètement à la situation. L'histoire de Jeanne est
intéressante. C'est une jeune femme vouée à rester vieille fille. Elle vit aux
côtés de son grand-père, dans le souvenir de ses parents... Jusqu'à la venue de
Werner, qui fait naître en elle ce désir amoureux, qu'elle n'ose pas assumer.
Elle se transforme petit à petit... L'évolution du personnage est
particulièrement agréable à jouer.
A St-Tropez, est-ce que tu t'attendais à recevoir
un prix d'interprétation ?
- Non, pas du tout !
Qu'as-tu ressenti à ce moment-là ?
- J'étais assez bouleversée par l'impact du film
et par ce prix, bien sûr ! C'est une très belle récompense.
Peux-tu me dire comment as-tu débuté ?
- J'ai répondu à une annonce. J'avais 20 ans.
C'était pour le film "C'est la tangente que je préfère" avec Georges Corraface.
Dans ce film, je jouais une surdouée.
Tu avais pris des cours de comédie avant ?
- Non, jamais !
Mais cette envie d'être comédienne, comment
s'est-elle manifestée ?
- Depuis que je suis toute petite, je suis passionnée
par le Cinéma et très tôt, j'ai su que c'était ce que je voulais faire.
Mais tu n'as pas éprouvé le besoin d'en parler à
tes parents, leur demander de t'inscrire dans un cours, comme la plupart des
jeunes qui veulent devenir comédiens ?
- Non, je vivais en province. Mes parents
n'étaient pas du tout dans ce milieu. Je gardais cela pour moi. C'était mon
secret.
Et quand tu t'es présentée à ton premier casting, est-ce que
tu pensais décrocher le rôle aussi facilement ?
- J'avais confiance.
Et ton premier jour de tournage, comment s'est il
passé ?
- C'était la découverte totale
!
Un vrai bon souvenir, j'imagine...
- Oui, d'autant plus que c'était mon premier et
"premier rôle".
Parmi tous les films que tu as tournés par la
suite, quels sont ceux que tu préfères ?
- "Simon Lesage", un film qui a reçu la "caméra
d'or" et qui m'est très cher mais aussi "Le Poulpe", "Un livre à rendre"... Pour
la télévision, j'ai beaucoup aimé "Mademoiselle Else", "L'Affaire
Dominici", "Les Thibault"...
Quels sont les rôles que tu aimerais qu'on te
propose à présent ?
- Une comédie bien bancale, des personnages très
décalés... Voilà ce qui m'amuserait bien !
Actuellement quels sont tes projets ?
- Une pièce de théâtre qui se jouera à Chaillot en
janvier et février 2005, qui s'intitule "Quand vient la nuit". Je joue le rôle
d'une jeune veuve qui va retrouver son beau-père...
Nous ne manquerons pas d'aller t'applaudir...
A bientôt !
Propos recueillis par MARYLINE
RICHER
Interview du 4 octobre 2004 pour
www.citeartistes.com
(Reproduction
interdite)