En 2006, le pilote de la série
avait cartonné. La suite était par conséquent très attendue.
Cette semaine,
"Les
Bleus"
ont fait un
retour remarqué sur M6 avec quelques jours auparavant, une nouvelle récompense au
festival de la fiction TV de la
Rochelle.
Certains acteurs des "Bleus" étaient déjà
passés par la Cité des Artistes... Aujourd'hui, c'est au tour de
Raphaël Lenglet, alias Alex Moreno, de venir nous parler de la "meilleure série
de l'année". Et pourtant lui... Ce prix, il n'y croyait pas trop...
Pourquoi étais-tu sceptique ?
- Nous avions déjà été récompensés à Luchon l'an
passé... Alors, je pensais que d'un festival à un autre, ce n'était pas possible,
et que cette année, le jury voudrait se démarquer en mettant en avant une autre
série. Et là... Surprise ! On a de nouveau décroché le prix.
Ce qui signifie
bien que
cette récompense est franchement méritée et qu'il n'y a aucune tricherie... Ce prix de la meilleure série, ça
représente quoi pour toi ?
- C'est un très bel encouragement.
Je suppose que comme tes
quatre partenaires, tu es arrivé dans "les Bleus" par casting ?
- Oui, bien sûr ! Et j'en garde un souvenir
inoubliable. On ne m'avait donné aucun texte avant le casting. Je savais
seulement qu'il s'agissait d'une nouvelle série policière qui allait s'appeler "Les Bleus". Je
n'avais aucun a priori, mais j'avoue tout de même avoir pensé: "Encore
une série policière de plus..." Quand j'ai su qu'Alain Tasma en serait le réalisateur, j'ai
immédiatement été rassuré. Sa présence au casting était une deuxième bonne
surprise. Il m'a d'abord parlé du personnage d'Alex et m'a ensuite remis un
texte. Je l'ai lu et peu de temps après, il est revenu avec une caméra et nous
avons travaillé pendant une vingtaine de minutes, dans des conditions de tournage.
Quelle scène avez-vous
travaillé ?
-
Nous avons travaillé deux scènes de l'épisode pilote. L'une, assez dramatique, celle des retrouvailles avec ma mère, et
l'autre,
beaucoup plus drôle, où un monsieur venait porter plainte pour intoxication
alimentaire à cause d'une pizza pas fraîche. La série étant un vrai mélange
d'humour et de drame, il voulait se rendre compte si nous étions à l'aise
dans chaque registre. Pour chacun des rôles, il a auditionné de très nombreux
comédiens et ces premiers essais ont été suivis d'une longue période d'attente.
Je connaissais la réputation de Tasma et j'avais vu entres autres "Nuit noire"
et "A cran". C'est quelqu'un de très exigeant et j'étais d'autant plus heureux
qu'il m'ait choisi.
Qu'est-ce qui t'a le
plus séduit dans le personnage d'Alex ?
- Son côté complètement décalé par rapport à la
fonction de policier. Par exemple, la veille de son entrée dans la Police, il
trouve le moyen de voler une voiture... Ce qui veut bien dire qu'il n'a pas
encore réalisé ce qu'on attend de lui. Alex a ses propres règles, ses
combines... Cela va forcément provoquer des conflits avec sa hiérarchie et le
conduire vers des situations tout à fait croustillantes. Au fur et à mesure, on découvre
les vraies raisons qui l'ont poussé à devenir policier et ce sentiment de
vengeance qui l'anime. Je me suis vraiment amusé dans ce personnage. Et puis...
C'est la première fois que l'on me confie un rôle aussi important.
La récurrence d'un rôle ne te fait pas peur ?
- Je ne te cache pas qu'en tant que comédien, j'ai envie de diversifier
le plus possible les expériences. Dans certaines séries, un rôle récurrent ne
m'aurait certainement pas attiré. Mais dans "Les Bleus" il y a un univers
tellement différent des autres séries et une grande liberté de ton. On ne
ressent aucune lassitude. Pour la prochaine saison en cours d'écriture, la
chaîne et les producteurs ont envie d'aller encore plus loin... C'est donc très
motivant et j'ai vraiment envie que l'aventure continue. D'autant plus que Didier le Pêcheur
est partant pour réaliser la deuxième saison et c'est vraiment un excellent
réalisateur.
Sur 13 épisodes tournés, la
série a fait appel à 4 réalisateurs différents. Ce n'est pas
un peu déroutant ?
-
C'est un peu perturbant, c'est vrai... Alain Tasma, Philippe Monnier, Didier le
Pêcheur et Patrick Poubel sont très différents. Ils ont chacun leur manière de
mettre en scène. Certains travaillent essentiellement sur la direction
d'acteurs, d'autres attachent davantage d'importance à l'image, au
montage... Chaque fois, il faut se réadapter et pour les comédiens, ce n'est
pas toujours évident, mais ça nous réveille à chaque fois et c'est aussi un
moyen d'éviter la routine. Celui qui nous
a fait le plus souffrir, c'est Tasma. Il est très
perfectionniste. Il peut nous faire refaire la même scène vingt fois s'il le
faut. Il veut la qualité cinématographique hélas les délais de la télévision
sont très courts. Avec lui, on a plutôt intérêt à être bon tout de suite... Du coup,
il règne un véritable
stress sur le plateau mais c'est motivant. Si certains soirs, il m'est arrivé de rentrer chez moi,
un peu déprimé... Je peux dire en revanche que j'ai adoré bosser avec lui. On
doit être un petit peu maso dans ce métier, non ? ! (rires...)
Lorsqu'on vous voit tous ensemble, on sent
tout de suite que vous formez une équipe très soudée. Est-ce que je me trompe ?
- Absolument pas. On a fait ensemble un
vrai travail d'équipe et je pense aussi aux techniciens qui nous ont beaucoup
aidés et soutenus pendant tout le tournage. Nous avons également eu la chance de
tourner avec Luc Thuillier, Jean-Michel Fête et
Patrick Catalifo, des comédiens qui ont déjà de belles carrières et de beaux rôles à leur actif.
Dans la série, ils étaient moins en avant que nous et ils ont joué avec autant
de générosité et d'enthousiasme que s'ils avaient été au premier plan. Le départ
de Patrick me fait un petit pincement... J'ai eu l'occasion de jouer avec lui
quelques scènes savoureuses et c'est aussi avec lui que j'ai eu mes plus beaux fous rires.
Est-ce que certaines scènes t'ont paru
plus difficiles à jouer ?
- Certaines scènes très émotionnelles dont une avec Laura (Elodie Yung) que je
ne vais pas raconter car elle se trouve dans le
tout dernier épisode. Alors gardons le suspense... Avant de jouer ce genre de scène, on ressent forcément un peu
d'appréhension mais c'est toujours excitant de pouvoir se dépasser.
Les tournages se sont arrêtés en juillet.
Est-ce que depuis, vous continuez à vous voir, à vous téléphoner ?
- Bien sûr, tout le temps !!! Nous sommes vraiment
devenus la bande des cinq. Le tournage à peine
terminé, je partais au festival d'Avignon pour jouer une pièce pendant deux
semaines. Elodie partait à l'étranger et n'a malheureusement pas pu se joindre à
nous, mais Mhamed, Gabrielle et Nicolas sont venus me rejoindre... On a loué une
grande maison dans la région d'Avignon... Et on a passé nos vacances
ensemble !!!
Qu'est-ce qui t'a donné envie de devenir comédien
?
- Je ne me
suis jamais vraiment posé la question. Déjà, tout petit, j'adorais raconter des
blagues... J'ai toujours été attiré par les métiers du spectacle et pas
seulement le métier d'acteur, mais aussi par l'écriture et tout ce qui touche à la
création. Avant "Les
Bleus", j'ai travaillé en tant qu'auteur sur la série "Caméra Café".
J'ai souvent eu l'occasion d'aller sur
le tournage et j'ai beaucoup appris. J'observais Bruno Solo. Il m'a épaté. C'est
vraiment un grand directeur d'acteurs.
As-tu pris des cours de comédie ?
- Oui, à 19 ans, je me suis inscrit dans un cours
privé. J'avais pour prof Leslie Chatterley qui enseigne maintenant aux Cours
Florent. C'est elle qui m'a vraiment encouragé vers la comédie et qui m'a donné
envie d'en faire mon métier.
Par quel rôle as-tu débuté ?
- Un petit rôle au Cinéma dans un film
d'Alexandre Arcady qui s'appelait "Là-bas, mon pays" où je jouais dans
tous les flash-back de la guerre d'Algérie, le rôle de
Samy Nacéri jeune.
Quel âge avais-tu ?
- J'avais vingt ans.
A part la suite des "Bleus", as-tu d'autres
projets ?
- Oui,
Didier Le Pêcheur nous a proposé, à Gabrielle Valensi et à moi, de jouer dans
son prochain long métrage qui va certainement s'appeler "Home sweet home" et je
vais partager mes scènes avec Jean-Hugues Anglade, André Dussolier et Patrick
Chesnais. Je vais me régaler car les scènes sont très drôles. Et
travailler avec Didier Le Pêcheur est un vrai bonheur.
Merci Raphaël, bon tournage... et
rendez-vous mercredi dans "Les Bleus".
Propos recueillis par MARYLINE
RICHER
Interview du 21 septembre 2007 pour
www.citeartistes.com
(Reproduction interdite)