Le contexte : Après la mort de
Mazarin en 1661, Louis XIV s'aperçoit très vite que la bourgeoisie est en
train de gagner du pouvoir par sa force économique. Pour le monarque, cette
situation n'est pas tenable parce qu'elle met en question son autorité et sa
puissance. Il va donc favoriser, petit à petit, une renaissance de
l'aristocratie qui sera sous sa domination. Il lui faut donc éliminer ceux
qui, dans la bourgeoisie montante, ont acquis une domination trop visible et
c'est la véritable raison de la condamnation de Fouquet. Deux conceptions de
cette bourgeoisie s'incarnent dans deux personnages: Fouquet et Colbert.
Fouquet représente la bourgeoisie financière qui fait fructifier l'argent et
gratifie l'initiative privée. Colbert représente la bourgeoisie industrielle
qui régénère l'expansion manufacturière et commerciale, qui favorise la
puissance de l'Etat.
Première partie :
La Fronde a obtenu l'exil de Mazarin.
Autour du jeune Louis XIV on se dispute la préférence du roi. Nicolas
Fouquet est un charmeur, son esprit inventif et souple, son analyse rapide
des situations pour tirer profit des opportunités, rendent Colbert qui était
son ami, de plus en plus envieux, coléreux et arrogant.
Deuxième partie :
Après une fête luxueuse à
Vaux-le-Vicomte, la jalousie de Louis XIV envers Fouquet est à son apogée.
Louis XIV et Colbert ont organisé son arrestation. Cet homme brillant fait
décidément trop d'ombre. Un an après, Fouquet, enfermé à la Bastille, attend
toujours son procès. Sa mère et sa femme se démènent auprès de ses anciens
amis communs comme La Fontaine ou la marquise de Sévigné, afin de la
soutenir, mais sans succès. Colbert veut obtenir la condamnation à mort de
son rival. Il n'obtiendra que son bannissement. Il usera de tout son
pouvoir, le fera jeter en prison et n'hésitera pas à utiliser des moyens
machiavéliques pour arriver à ses fins.
Rencontre avec les comédiens
Passionné d'histoire,
Lorànt Deutsch le
crie haut et fort :
"Je ne veux plus jouer autre
chose que des personnages historiques... Ce qui m'intéresse avant tout, c'est de voyager dans le temps".
Pour lui, c'est comme un devoir, une
mission... Celle de "sauvegarder un patrimoine et transmettre un héritage".
Est-il encore utile de le rappeler ?
Non, tout le monde le sait ! L'acteur connaît la grande histoire
mieux que personne. On pourrait l'écouter des heures... Il en devient
étonnant, impressionnant...
Après Sartre ("Les
Amants du Flore"), "Jean de la Fontaine" au Cinéma et "Amadéus"
au Théâtre, Lorànt se glisse, cette fois, dans la peau de Fouquet. C'est lui qui a eu l'idée de
ce
personnage.
Voilà comment l'aventure a commencé... Nelly Kafsky, la productrice avec qui
il avait tourné, il y a quelques années, l'excellent téléfilm "Le
Triporteur
de Belleville", avait très envie de retravailler avec lui.
Lorsqu'elle l'a contacté afin d'envisager un nouveau projet, Lorànt a tout
de suite accepté et trois personnages lui sont venus à l'esprit : Cartouche
(le projet était déjà pris), Godefroy de Bouillon (pas assez visuel) et le
troisième : Fouquet.
L'acteur était emballé à l'idée de jouer le malheureux
surintendant de Louis XIV, ce fameux Fouquet dont le talent et la réussite
ont attisé tant de jalousies et de passions. Et c'est avec un enthousiasme
débordant qu'il défend ce personnage bourré d'énergie.
"C'est en lisant l'ouvrage de Paul
Morand : "Fouquet ou le Soleil offusqué" que j'ai véritablement découvert
Fouquet... Il m'a littéralement fasciné. Je le trouve aussi digne d'intérêt
que Richelieu, Sully ou Mazarin et je n'ai jamais compris pourquoi il passe
inaperçu dans l'histoire de France que l'on nous apprend à l'école. Passionné d'art,
Fouquet
a participé activement au rayonnement de la France. C'était un homme dynamique,
cultivé, plein
d'idées et j'ai pris un vrai plaisir à lui donner son caractère enfantin."
Plus posé que Lorànt Deutsch,
Davy
Sardou nous rejoint. C'est son premier personnage historique...
Et pas
n'importe lequel !
"Jouer Louis XIV, c'est une chose qui
ne peut pas se refuser... "
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