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Un soir, une ville |
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© Photos : B. Enguerand |
Aubervilliers.
Janvier 2012. La ville est grise, la pièce est triste… Et pourtant, chaque
soir, la grande salle du Théâtre de la Commune se remplit et pour nous
autres, spectateurs retenus par l'émotion, deux heures passent trop
vite. Dès la première
image, le ton est donné avec sur l'écran, une vue d'un boulevard
périphérique. C’est la nuit des gens pressés… On est dans ce monde
d'aujourd'hui, un monde en crise, un monde où pour certains, la
ville est désespérément synonyme d'angoisse. Le rideau
s’ouvre… Le silence s’impose dans ce décor sans artifice qui accentue la
noirceur de cette pièce réaliste habilement mise en scène par Didier Bezace. "Un soir, une
ville" réunit trois pièces en une : trois histoires parallèles où hommes,
femmes, enfants affrontent la solitude des grandes villes, sans argent, sans
amis... Ray, un chômeur
désemparé, retrouve Jack, son petit garçon qu'il n'avait pas vu depuis longtemps... Willy, un voyageur de commerce aborde un jeune homme paumé... Sylvie, une femme de
condition modeste, doit faire comprendre à sa mère, atteinte d'Alzheimer,
que la vie ne sera plus jamais comme avant... Rien que des situations
difficiles amenées avec justesse et une certaine lenteur qui permet
d'apprécier la profondeur de chaque scène. Ainsi, on les
suit, entre un quai désert, des bars lugubres, des chambres minables où les
uns et les autres finiront par s'endormir... Oui, déjà... Chaque fois, le
rideau tombe trop vite sur ces tranches de vies quelque peu déroutantes que
l'on aimerait prolonger, ne serait-ce que pour entrevoir une issue
possible comme une pointe de légèreté au bout de trois fois quarante minutes
de malheur. A moins d'être
insensible à la douleur, on en ressort quelque peu bouleversé. La réussite de
cette pièce tient surtout au talent de ses interprètes, au charisme de
Patrick Catalifo, à la spontanéité des enfants, Maxime Chevalier-Martinot et
Simon Gérin qui alternent, un soir sur deux, le rôle de Jack, au jeu subtil de Daniel Delabesse, Thierry Levaret, Sylvie Debrun et
à la belle présence de Geneviève Mnich. Merci à eux ! Maryline Richer pour
www.citeartistes.com
Lire
également l'interview de Patrick Catalifo à propos de "Un soir, une ville" "Un soir, une ville",
trois pièces courtes de
Daniel Keene "Fleuve", "Un Verre de crépuscule", et "Quelque part au milieu
de la nuit" mises en scène par Didier Bezace avec
Patrick Catalifo (Ray / "Fleuve"), Maxime
Chevalier Martinot et Simon Gérin (Jack / "Fleuve"), Daniel Delabesse (Willy
/ "Un verre de crépuscule"), Thierry Levaret (Tom / "Un verre de
crépuscule"), Sylvie Debrun (Sylvie / "Quelque part au milieu de la nuit"),
Geneviève Mnich (Agnès / "Quelque part au milieu de la nuit") au
Théâtre de la Commune (Aubervilliers) du 4 au 29 janvier 2012.
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